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Cap sur la guérison : Warrior Sailing Canada favorise la guérison par la voile 

Un stage d'entraînement organisé par Warrior Sailing Canada s'est déroulé du 16 au 18 juin au Royal Nova Scotia Yacht Squadron.
SOUMIS

Cap sur la guérison : Warrior Sailing Canada favorise la guérison par la voile 

Par Nathan Stone,
L’équipe du Trident  

Les participants ont navigué par équipes de trois, accompagnés d'un entraîneur par bateau, pendant deux jours sur le bras nord-ouest.
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Pendant trois jours en juin, les eaux du bras nord-ouest sont devenues un lieu de guérison, de travail d'équipe et de nouveaux départs. 

Du 16 au 18 juin, une douzaine de membres et d'anciens combattants des Forces armées canadiennes (FAC) se sont réunis au Royal Nova Scotia Yacht Squadron à l'occasion du stage d'entraînement « Warrior Sailing Canada. » 

Ce programme, organisé en collaboration avec la Fondation Les Fleurons glorieux, utilise la voile comme outil de rétablissement, de réadaptation et de réintégration pour les membres actifs et retraités des FAC ayant subi des blessures au cours de leur service. 

L'objectif est que les participants apprennent à naviguer tout en retrouvant un esprit de camaraderie. 

La cofondatrice Kari MacKay et son mari Dave ont lancé le premier stage canadien en 2017, après que l'expérience de Dave comme entraîneur au sein du programme Warrior Sailing original aux États-Unis avait convaincu le couple que le Canada avait besoin de son propre programme. Depuis, le programme s'est développé pour offrir des stages en Ontario, en Colombie-Britannique et en est maintenant à sa quatrième édition à Halifax. 

Le programme quotidien allie la formation en salle à la pratique sur l'eau. 

Chaque bateau accueille trois participants et un entraîneur. La petite taille de l'équipage garantit que chacun joue un rôle actif. Les participants occupent à tour de rôle les postes de foc, de grand-voile et de barre. 

L'accent mis sur le travail d'équipe trouve un écho particulier chez les anciens combattants. 

Brent Beshara, un maître de 2e classe à la retraite qui a servi pendant 24 ans au sein de la Marine royale canadienne, pensait au départ que la voile relevait de la « sorcellerie », ayant passé toute sa carrière sur des bateaux à moteur. 

Il a déclaré que la dynamique d'équipe à bord du bateau lui avait immédiatement rappelé ses années sous l'uniforme. 

« Ce bateau ne bougera pas si nous ne travaillons pas tous ensemble. C'est comme à l'armée : rien ne fonctionne si nous ne travaillons pas ensemble. » 

Grace Shears a servi dans l'Armée canadienne avant qu'une blessure ne mette fin à sa carrière en 1992. 

Elle a fait le voyage depuis son domicile à Terre-Neuve, où elle anime un groupe de soutien aux anciens combattants, pour participer à ce stage. 

Pour elle, les moments de convivialité avec ses camarades anciens combattants ont constitué l'un des moments forts de cette expérience. 

« Le réseau qui se tisse est incroyable… Nous tissons des liens avec toutes sortes d'anciens combattants, nous rassemblons davantage de ressources que nous pouvons partager, ce qui crée un véritable effet boule de neige. » 

Elle a expliqué que les parcours communs des participants effacent rapidement tout sentiment de hiérarchie. 

Le programme s'adapte également aux participants souffrant de handicaps physiques grâce à la mise à disposition d'équipements adaptés permettant à chacun de participer. 

Aaron Matheson, ancien matelot de 3e classe, n'était plus retourné sur l'eau depuis qu'un accident l'avait contraint à se déplacer en fauteuil roulant. 

Il a qualifié cette expérience de « super expérience ». 

Il a constaté que le fait d'occuper le poste de grand-voile, en réglant la grand-voile selon le vent, lui offrait la stabilité dont il avait besoin compte tenu de ses difficultés de mobilité. 

Il a également salué la qualité des entraîneurs, parmi lesquels figuraient des navigateurs de renommée mondiale et des médaillés olympiques. 

« Tout le monde est extrêmement aimable, possède une grande expertise et propose une méthode d'enseignement vraiment géniale », a-t-il déclaré. 

Pour MacKay, ce sont les moments de partage entre les participants qui font toute la force du programme. 

Elle s'est souvenue d'une anecdote datant des débuts du programme, lorsqu'une participante de longue date avait laissé un mot à son mari Dave sur une serviette de cocktail d'hôtel. 

« On pouvait y lire : “Vous avez changé ma vie. Je n'avais pas quitté mon sous-sol depuis trois ans, et désormais, la voile fera partie de ma vie. » 

« C'est pour cela qu'on fait tout ça », a-t-elle déclaré. 

En plus du soutien de la Fondation Les Fleurons glorieux, le Royal Nova Scotia Yacht Squadron a mis gratuitement à disposition ses bateaux, ses entraîneurs et ses installations. 

MacKay a précisé que chacun des camps de voile « Warrior » accueille au maximum 18 participants par session, ce qui favorise des liens durables tout en assurant un encadrement de qualité. 

De nombreux participants ont fait part de leur intention de continuer à pratiquer la voile après le camp. 

Beshara a déclaré qu'il avait hâte de participer à des événements nautiques locaux de retour chez lui, à Terre-Neuve, tandis que Shears, qui compte des amis propriétaires de voiliers, souhaite devenir « davantage un atout qu'un handicap » sur l'eau. 

Pour MacKay, susciter ce genre d'attitude est l'objectif. 

Le but, a-t-elle expliqué, « est de créer un esprit de communauté et d'offrir à nos anciens combattants l'occasion de tisser des liens avec une autre famille, de rester en contact, de découvrir un nouveau loisir et de reprendre goût aux activités à l'extérieur de chez eux. »